L'église historique
des Augustines-de-l'Hôtel-
Dieu-de-Québec

L’église des Augustines-de-l’Hôtel-Dieu-de-Québec, érigée entre 1800 et 1803, est un exemple remarquable de l’architecture religieuse néoclassique au Québec. Située au cœur du Monastère des Augustines, cette église, avec son plan en croix latine et sa nef unique, offre un lieu de recueillement empreint d’une atmosphère intimiste.

Lieu sacré, elle abrite également la sépulture de la bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin, figure marquante de l’histoire spirituelle du Canada. Sa châsse, conservée dans cette église historique, témoigne de l’ampleur de son dévouement spirituel et de la profondeur de son offrande, un don de soi empreint de grâce qui continue d’inspirer les générations et de marquer l’histoire des Augustines.

Nous vous invitons chaleureusement à visiter ce lieu d’exception, où la beauté architecturale et la richesse historique se conjuguent pour offrir une expérience unique et inspirante.

L'église conserve aussi une collection artistique remarquable, comprenant plusieurs tableaux de maîtres européens envoyés de France à la fin du XVIIIe et début du XIXe siècle, rappelant l’influence durable de l’art sacré européen au Québec. Parmi ces œuvres figurent :

 

Descente de la croix d’Antoine Plamondon

La « Descente de la croix » d’Antoine Plamondon

Le grand tableau qui surplombe le maître-autel est une reproduction de la Descente de la croix de Pierre-Paul Rubens (1577-1640), réalisé en 1840 par le peintre québécois Antoine Plamondon (1804-1895).

La « Vision de sainte-Thérèse d’Avila » de François-Guillaume Ménageot

La « Vision de sainte-Thérèse d’Avila »
de François-Guillaume Ménageot

 Tableau au-dessus de l’autel latéral gauche

Peint vers 1785 par François-Guillaume Ménageot (1744-1816), ce tableau se nomme Vision de Ste-Thérèse d’Avila. Cet œuvre a la particularité d’être le seul encore sur les lieux, provenant du fonds Desjardins. *(voir à ce propos l’information complémentaire ci-dessous)

*En 1817, l'église reçoit des tableaux religieux acquis par l'abbé Philippe-Jean-Louis Desjardins (1753-1833) lors de la faillite d'un banquier français et regroupant des œuvres confisquées dans les églises de Paris lors de la Révolution. Il les envoie de France à son frère, l'abbé Louis-Joseph Desjardins (1766-1848), alors aumônier des Augustines comme l'a été son aîné. Ces tableaux de maître sont destinés à orner les églises du diocèse de Québec. Ils sont retouchés, exposés et vendus dans l'église des Augustines, qui conserve toujours l'un d'eux, « La Vision de sainte Thérèse d'Avila » (1787) de François-Guillaume Ménageot (1744-1816) et qui provient du Carmel de Saint-Denis, près de Paris.

(D’après : Répertoire du patrimoine culturel du Québec, ministère de la Culture et des Communications du Québec.)

« La Vision de saint-Antoine de Padoue », artiste inconnu

« La Vision de saint-Antoine de Padoue », artiste inconnu

Tableau au-dessus de l’autel latéral droit

Le tableau intitulé La Vision de saint Antoine de Padoue s’inspire du tableau de Ciro Ferri (1634-1689). Peint par un artiste inconnu, avant 1803, il a été retouché par Louis-Hubert Triaud (1790-1836) en 1829-1831.

Le tableau aurait été donné aux Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec en 1803 par l'abbé Antoine-Bernardin Robert de la Pommeraie (1757-1826), prêtre du Séminaire de Québec et confesseur de l'Hôtel-Dieu de Québec de 1796 à 1807, dans le cadre des souscriptions pour la construction de l'église. L'année suivante, en 1804, M. Robert de la Pommeraie fait don aux Augustines, lors de la même campagne de souscriptions pour la construction de l'église, d'un autel « à la romaine » pour leur chapelle dédiée à saint Antoine. Le 8 juin 1804, il est décidé par assemblée capitulaire d'instaurer la fête de saint Antoine dans le calendrier liturgique des Augustines.

(D’après : Répertoire du patrimoine culturel du Québec, ministère de la Culture et des Communications du Québec.)

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Historique de cette église classée au Patrimoine culturel de Québec en 1961 et restaurée en 1983.

L'église du monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec est érigée de 1800 à 1803, grâce à la générosité des hommes de métier et aux matériaux récupérés de bâtiments détruits, notamment du palais de l'Intendant. Pierre Émond (1738-1808), maître menuisier et sculpteur, dirige les travaux. La façade est modifiée en 1839 par l’architecte Thomas Baillairgé (1791-1850), qui lui donne son apparence actuelle.  Le clocher qui couronnait le monastère depuis 1756 est placé sur le faîte de la sacristie en 1810, puis installé au sommet de la façade en 1931.

À l'instigation du vicaire général Jérôme Demers (1774-1853), les Augustines demandent à Thomas Baillairgé de revoir l'intérieur de l'église. En 1829, il conçoit les plans d'un nouveau décor comprenant entre autres la fausse voûte et les retables du chœur et des chapelles. Terminé en 1832, il constitue l'un des rares décors où Baillairgé a lui-même travaillé comme sculpteur. Baillairgé réalise de plus en 1833-1834 le tabernacle du maître-autel, qui repose sur un tombeau à la romaine fabriqué en 1803 par un sculpteur de l'atelier des Écores. Les autels latéraux sont par ailleurs réalisés de 1845 à 1850, d’après les plans de Baillairgé, par son élève Raphaël Giroux (1815-1869).

(D’après : Répertoire du patrimoine culturel du Québec, ministère de la Culture et des Communications du Québec.)

La châsse de la bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin

La châsse précieuse de la bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin contient ses reliques sacrées, exposées pour vénération. Ce reliquaire ornementé en or, créé en 1717 par Noël Levasseur, présente les instruments de la Passion gravés sur sa base et les inscriptions latines honorant la sainteté.

Marie-Catherine de Saint-Augustin, née en Normandie en 1632, a marqué l'histoire des Augustines par sa vie mystique et son dévouement comme hospitalière à Québec. Elle est béatifiée depuis 1989, et ses reliques continuent d’inspirer la foi et la dévotion.

Description de la châsse

Châsse ornée de feuilles d’or, réalisée par l’artiste Noël Levasseur en 1717. Le piédestal est l’oeuvre de l’artiste Jules A. Carrier (Le Cagibi) qui l’a réalisé dans les années 1950. La châsse contient les ossements de la bienheureuse Mère Marie-Catherine de Saint-Augustin, décédée en 1668.

(D’après : Répertoire du patrimoine culturel du Québec, ministère de la Culture et des Communications du Québec).

La Chasse
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Châsse de Mère Catherine de Saint-Augustin

Châsse de Mère Catherine de Saint-Augustin

L’ensemble de la châsse réalisée par Pierre-Noël Levasseur en 1717, fait l’effet d’une grande flambée. Le feu évoque l’ardeur et la ferveur. Le cœur enflammé qui orne le sommet de la châsse depuis quelques années seulement, révèle qu’il est question de l’amour qui brûlait dans le cœur de Catherine de Saint-Augustin. Avant, il y avait au sommet, une croix. Cette croix disait l’amour de notre Sauveur donnant sa vie pour nous. Le cœur enflammé qui l’a remplacé nous rappelle Saint-Augustin qui est le plus souvent représenté avec un cœur enflammé dans la main. Ce feu réfère aux paroles de Jésus qui est venu allumer un grand feu sur la terre, le feu de son amour. Catherine de Saint-Augustin a été consumée par cet amour. C’est par amour qu’elle s’est faite religieuse, missionnaire en Canada et que finalement elle s’est offerte en victime pour la pérennité de la colonie et l’implantation de l’Église catholique en Canada. Ses qualités, ses talents, ses travaux, ses épreuves extérieures ou intérieures et les faveurs spirituelles dont elle fut la bénéficiaire, ne doivent pas nous faire perdre de vue que la cause première de sa sainteté est l’amour qu’elle avait au cœur.

La base de la châsse est décorée par les instruments de la Passion. À la suite du Christ, elle fut aussi une victime innocente, volontaire, qui a payé chèrement pour les autres. Sa souffrance fut au service de la mission que le ciel lui avait confiée ; préserver la colonie naissante de la destruction. Une couronne de laurier, signe de victoire, figure en haut de la châsse pour signifier que son sacrifice ne fut pas vain.

La couronne fait aussi penser à l’inscription au bas des armoiries des Augustines de la Miséricorde de Jésus. « Qui coronat te in misericordia » (Qui te couronne de miséricorde. Ps.102, 4).

À cause de son sacrifice en faveur du pays naissant, Catherine de Saint-Augustin a été choisie pour représenter la communauté des Augustines de la Miséricorde de Jésus dans le groupe des fondateurs de l’Église canadienne.

Sur la châsse on peut voir douze flambeaux placés par groupe de trois aux quatre coins supérieurs. Les quatre points cardinaux évoquent la terre entière. Catherine qui fait partie des fondateurs de la portion canadienne de l’Église universelle est entourée par ces douze feux qui nous semblent représenter les douze apôtres. Chacun de ces flambeaux qui ornent le haut de la châsse repose à la base sur un pied très délicat qui donne une impression de fragilité. Il donne à penser que les apôtres n’étaient pas des gens puissants, instruits, riches ou influents. C’est à eux, pourtant, que le Christ a confié son Église appelée à perdurer dans le temps. À Catherine, presqu’encore une enfant, lors de son arrivée en terre canadienne, le Christ assigne une part importante dans l’établissement des fondements d’une nation chrétienne.

Des écritures figurent au bas de la châsse. Elles se lisent comme suit « Pretiosa in conspectu Domini mors sanctorum eius » (Précieuse dans l’esprit de Dieu la mort de ses saints). Saint Jean de la Croix commente ainsi ce passage des saintes écritures : « Les saints sont remplis de l’amour de Dieu pendant leur passage sur la terre. »

Quand, à la fin de leur vie, ils sont libérés de leur corps, les annales rapportent que Mère Sainte-Marie, première Augustine à mourir en Nouvelle-France - première à être enterrée dans le nouveau cimetière - avait eu les mêmes paroles inscrites sur le lieu de son enterrement (Annales, p. 33). Était-ce une inscription courante à l’époque? Elle était sans doute réservée à des religieuses dont la vie chrétienne était remarquable.

 

Finalement, la base qui supporte la châsse et contient la plus grande partie des restes de Catherine est flanquée de chaque côté d’une croix de malte. Les Chevaliers de Malte furent, à l’origine, un ordre religieux hospitalier. Ils endossèrent plus tard une mission militaire. Ces croix se trouvent-elles là parce que Catherine appartenait à un ordre hospitalier et parce que, dans le domaine spirituel, elle fut une puissante guerrière contre les forces du mal? Nul ne le sait.

bustier

Le buste-reliquaire de Saint Jean de Brébeuf

Ce buste en argent massif représente Saint Jean de Brébeuf, missionnaire jésuite et martyr, avec une relique de son crâne en vue.

Il fut fabriqué en France, vers 1664, par Charles de Poily, orfèvre. Il témoigne du lien entre Brébeuf et Marie-Catherine de Saint-Augustin, qui en avait fait son directeur spirituel céleste.

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Premier mystique de la Nouvelle-France

Extrait de : Latourelle, René. « Premier mystique de la Nouvelle-France »
dans Jean de Brébeuf. Montréal : Bellarmin. 1993. p. 270-274.

Trois témoins de la vie mystique de Brébeuf.

  • Le Père Ragueneau
  • Marie de l’Incarnation
  • Catherine de Saint-Augustin.

Le principal témoin de cette vie est sans conteste le Père Ragueneau, qui affirme l’avoir « pratiqué très intimement, autant qu’homme du monde » (JR 34 :192 = Thwaites, R.G., éd. The Jesuit Relations and Allied Documents, 73 vol., Cleveland, 1896-1901). Il écrit que la vie de Brébeuf était « pleine de lumières qu’il avait très grandes dans les voies de la sainteté et des faveurs de Dieu sur lui qui étaient extraordinaires » (JR 34 :190). Et il ajoute : « Ce qui paraissait au dehors, n’était rien en comparaison des trésors de grâce dont Dieu allait l’enrichissant chaque jour, et des faveurs qu’il lui faisait. » (JR 34 : 160) Au chapitre VII de la vie de Catherine de Saint-Augustin, Ragueneau est plus explicite encore : « Il était toujours uni à Dieu qui le favorisait, dit-il, d’un don d’oraison très sublime et de beaucoup de grâces gratuites que l’on admire dans les grands saints.» Et « nonobstant cette facilité d’entretien avec Dieu, dit-il, il se préparait à l'oraison aussi exactement que ferait un novice en ses premiers commencements » (JR 34 : 172.

L’action de Dieu, chez Brébeuf, s’accompagne de phénomènes extraordinaires, tels que l’extase et le ravissement. « Tantôt, écrit Ragueneau qui ne fait que transcrire le journal de Brébeuf, je trouve que Dieu, dans l’oraison, l’a détaché de tous ses sens et uni à lui par des élans d’amour véhéments […] d’autres fois, il dit que tout son cœur s’est transporté en Dieu par des élans d’amour extatiques. » (JR 34 : 172) Brébeuf ne parlait à personne de ces faveurs. « Il retenait ces faveurs-là si secrètes et si cachées, sinon à ceux auxquels il ne pouvait en conscience rien celer, que jamais il n’en a parlé, ni même donné à qui que ce soit le moindre indice. Et la conclusion qu’il en tirait chaque fois était de s’en humilier davantage, de se défier de soi-même, de s’estimer le moindre de la maison et de craindre que le diable ne le trompât. Enfin, jamais il ne s’est conduit par ces vues […[ mais il se conduisait uniquement par les principes de la foi, par les mouvements de l’obéissance et les lumières de la raison.» (JR 34 : 174-176.

Les principes de la foi, l’obéissance, les lumières de la raison, tels sont les critères mis en œuvre par Brébeuf pour éprouver l’authenticité de ses expériences. Habitué à la pratique du discernement des esprits selon la méthode de saint Ignace, Brébeuf sait vite reconnaître les grâces authentiques des fruits brillants, mais douteux, que lui présente le maître des ténèbres. Constamment, sous sa plume, comme chez la plupart des mystiques, reviennent les expressions : j’ai cru voir, il m’a semblé voir, je crus entendre. Il est d’abord attentif au fruit spirituel de ses visions : un renouvellement dans l’humilité et la paix intérieure. Surtout, il se laisse conduire par l’obéissance : « Je puis dire, affirme Ragueneau, que cette vertu était parfaite en lui : ne regardant que Dieu en la personne du supérieur. Lui découvrant son cœur avec une simplicité d’enfant, une docilité entière aux réponses qu’on lui donnait, acquiesçant sans résistance à tout ce qui lui était dit, quoique contraire à ses inclinations naturelles, non seulement pour ce qui paraissait aux yeux des hommes, mais dans le profond de son cœur où il savait que Dieu recherchait la véritable obéissance. Il disait qu’il n’était propre qu’à obéir. » (JR 34, 176)

Un deuxième témoin de la profondeur de la vie spirituelle de Brébeuf est Marie de l’Incarnation. Dans un texte souvent cité, celle-ci affirme que « l’esprit du sacré Verbe incarné » a été donné de façon sublime « à nos martyrs », et notamment au Père de Brébeuf. En s’exprimant ainsi, Marie de l’Incarnation ne prétend pas identifier l’itinéraire spirituel de Brébeuf à celui qu’elle a suivi. Elle entend simplement signifier que Brébeuf et ses compagnons ont manifesté un zèle et un attachement au Christ qui révèlent un sommet de sainteté Elle part de sa propre expérience pour exprimer une expérience analogue à la sienne. En effet, l’expérience mystique de Brébeuf lui est bien particulièrement et elle est polarisée, plus que celle de Marie de l’Incarnation, par l’amour du Crucifié et par la vocation au martyre. Plutôt que de Verbe incarné, Brébeuf parle de « Jésus-Christ crucifié » et de « Jésus-Christ fixé à la croix ». Sur ce point, toutefois, Marie de l’Incarnation et Brébeuf se rejoignent, à savoir dans le vœu du plus parfait, là où chez tous les mystiques l’union à Dieu devient don total de l’amour à l’Amour infini.

Nous invoquons enfin un troisième témoin, d’un type bien particulier, à savoir celui de Catherine de Saint-Augustin. Nous savons en effet, par Catherine elle-même et par son biographe, le Père Ragueneau, que Brébeuf, durant de longues années, fut en quelque sorte son directeur spirituel céleste, la guidant dans les voies de l’oraison la plus élevée, l’assistant dans ses luttes contre l’enfer, la fortifiant dans son rôle de victime volontaire. C’est en 1658, durant sa retraite annuelle, que Catherine de Saint-Augustin reçut de Dieu sa vocation à la souffrance, à l’exemple de Rose de Lima, de Marguerite-Marie, de Catherine de Sienne. Elle fut choisie par Dieu pour expier les crimes de la Nouvelle-France : durant près de huit ans, elle fut affligée des pires tentations diaboliques. Cet état de souffrances extraordinaires appelait un secours non moins extraordinaire. Ce fut d’abord pour l’aider à vaincre ces assauts de l’enfer que l’assistance de Brébeuf lui fut donnée. Pour comprendre combien fut profonde l’intimité de ces deux âmes, il suffit d’entendre Catherine de Saint-Augustin s’exprimer sur l’une des premières interventions de Brébeuf dans sa vie. Elle écrit : « Je sentis toujours le Père de Brébeuf, mais d’une manière si intime qu’il me semblait que je ne pouvais ni dire, ni penser, ni opérer quoi que ce soit, que dépendamment de sa volonté. » À mesure que ses vexations de l’enfer augmentaient, les communications célestes avec Brébeuf devenaient de plus en plus fréquentes. Peu à peu, celui-ci entraînait sa dirigée vers la vocation de victime pour les crimes énormes qui affligeaient la Nouvelle-France de l’époque. Ses peines intérieures devenaient de vraies agonies. Les forces de l’enfer l’investissent, lui soufflent des paroles impies. Elle est tentée de haine, de blasphème, de désespoir, de vengeance. Dans ses crises, Brébeuf la rassure, la fait prier, lui suggérant mot à mot ce qu’elle doit dire durant la messe et à l’oraison. À l’exemple de Brébeuf, elle prononce le vœu du plus parfait.

 

À la lumière des notes intimes de Brébeuf et de ses autres écrits, à la lumière aussi des trois témoignages de Ragueneau, de Marie de l’Incarnation et de Catherine de Saint-Augustin, nous sommes en droit de retenir le jugement que nous formulions au début du chapitre : Brébeuf est le premier mystique en date de la Nouvelle-France. Lui, Marie de l’Incarnation et Catherine de Saint-Augustin ont prononcé le vœu du plus parfait. L’expérience mystique de chacun, toutefois, représente un modèle spécifique : mystique apostolique chez Brébeuf; contemplative chez Marie de l’Incarnation; réparatrice chez Catherine de Saint-Augustin.

Le reliquaire de Saint Gabriel Lalemant et Saint Charles Garnier

Cet ossuaire renferme les reliques des saints jésuites Gabriel Lalemant et Charles Garnier, martyrs en Nouvelle-France. Présentées dans un écrin orné de velours rouge et de dorures, ces reliques sont une source de piété et de mémoire, rappelant le sacrifice de ces missionnaires pour leur foi.

Le reliquaire de Saint Gabriel Lalemant et Saint Charles Garnier
Statue de Notre-Dame de Toutes-Grâces

La Statue de Notre-Dame de Toutes-Grâces

Cette statue représente la Vierge Marie portant l’Enfant Jésus. C’est un don offert aux Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec en 1738 par un marin français, reconnaissant pour un sauvetage en mer. L’œuvre, fabriquée en France, montre la Vierge et l'Enfant couronnés.

Rescapée de l’incendie de 1755, la statue a été restaurée par les artistes québécois Antoine Plamondon et Joseph Légaré et occupe désormais une place d’honneur sur l’autel latéral de l’église dédié à la Sainte Vierge.

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Historique : Notre-Dame de Toutes Grâces

Historique de Notre-Dame de Toutes Grâces

Vers la fin du XVIIème siècle, en automne, un vaisseau portant trente hommes d'équipage quittait Québec pour la France. La descente du Saint-Laurent se fit heureusement et à la satisfaction de tous. Mais arrivé sur le banc de Terre-Neuve, le navire fut assailli par une si violente tempête que tous les efforts des officiers et des matelots pour le contrôler furent inutiles et « pendant plusieurs jours, quoiqu'ils fussent à mâts et à cordes, ils dérivèrent plus de cinq cents lieues ».

Poussés ainsi sur les côtes de l’Angleterre par la force du vent, ces braves marins se virent tout à coup en face des rochers de Plymouth contre lesquels le vaisseau allait sûrement se briser, à moins qu'une main secourable ne vint le tirer du danger et sauver en même temps trente vies d'hommes. Le capitaine et les pilotes ne furent pas les derniers à s'en rendre compte. Au son de la cloche ils réunirent l'équipage sur le tillac. Tous, voyant la situation, ne songèrent plus qu'à mettre leur confiance en Dieu.

Accoutumés à recourir à la sainte Vierge en pareil cas, ils la prièrent de se faire leur avocate auprès de son divin Fils, et lui promirent, d'un commun accord, que si, par son intercession, ils étaient arrachés à la mort certaine dont ils se croyaient menacés, ils iraient tous ensemble la remercier dans son sanctuaire de Notre-Dame de Grâce, à quelques lieues du Havre, où ils feraient chanter une messe et tous feraient la sainte communion.

Ce vœu était à peine prononcé que le vent changea de direction. Une forte brise s'éleva de terre qui, les poussant au large en quelques minutes, les mit hors de danger.

Du Havre où ils débarquèrent sains et saufs peu après, le capitaine et ses hommes se rendirent au sanctuaire de Notre-Dame. Nos marins y firent leurs dévotions avec ferveur et suivant la teneur du vœu qu'ils avaient fait.

Le plus jeune des membres de l'équipage, ne crut pas avoir assez fait. «ll porta longtemps dans son cœur, écrit la Supérieure de l'Hôtel-Dieu, le désir de rendre sa gratitude plus éclatante envers la Très Sainte Vierge et il forma le dessein de la faire honorer au Canada sous le titre de Notre-Dame de Toutes Grâces qui lui avait été si favorable.»

Il choisit même l'église de l'Hôtel-Dieu de Québec pour y déposer une statue sous ce vocable.

En 1737, notre inconnu qui voulait rester tel, fit écrire par un ami à l'Hôtel Dieu pour demander à la communauté si elle recevrait chez elle une image de Notre-Dame de Toutes Grâces.

La Supérieure répondit que «la sainte Vierge étant la Mère et la Supérieure perpétuelle de la maison on se porterait toujours avec plaisir à tout ce qui pourrait marquer notre tendre dévotion pour elle; qu'on n'avait qu'à envoyer son image, qu'elle serait la bienvenue.»

Le 12 septembre 1738, la statue arrivait au Monastère de l'Hôtel-Dieu de Québec où la Madone est en vénération depuis près de 250 ans. En 1957, Notre-Dame de Toutes Grâces fut désignée la Patronne de la Fédération Canadienne.

Le crucifix outragé

Ce crucifix unique, conservé dans un boîtier en forme de cœur, est lié à une histoire fascinante de pratiques divinatoires au XVIIIe siècle. Il rappelle les défis et les superstitions de l'époque, tout en restant un symbole de la foi profonde des Augustines et de leur engagement spirituel. Il a été confié à la communauté par Mgr de Pontbriand en 1744.

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Historique du crucifix outragé

Le crucifix outragé

Dans la matinée du 5 octobre 1742, une foule considérable stationnait sur la place publique de Montréal, située en face de l’église paroissiale, pour y être témoin d’un châtiment dont les circonstances inusitées rappellent la législation du moyen âge.

Un soldat de la garnison de Montréal, nommé Havard de Beaufort, conduit par le bourreau, était agenouillé, nu en chemise, la tête recouverte, la corde au cou, devant la porte principale de l’église. Il tenait en main une torche de cire ardente, du poids de deux livres, et portait sur le dos et sur la poitrine un écriteau sur lequel étaient tracés ces mots : Profanateur des choses saintes. La sentence prononcée contre lui le condamnait à faire, en cette posture et en ce lieu, amende honorable à Dieu, au roi et à la justice, et à déclarer, à haute et intelligible voix, que témérairement et méchamment il avait outragé l’image sacrée de Jésus-Christ, et profané les paroles de la Sainte Écriture en les faisant servir à des pronostics et à des divinations.

Après avoir subi cette flétrissure, il devait être traîné dans tous les carrefours de la ville pour y être fustigé de la main du bourreau et, de là, ramené en prison en attendant le départ des vaisseaux qui devaient le conduire en France pour y subir pendant trois ans la peine des travaux forcés.

Le crime dont ce misérable sacrilège subissait le châtiment avait été commis dans la maison d’un nommé Charles Robidoux de Montréal. Le condamné s’était emparé d’un crucifix, en avait oint les extrémités avec une substance prétendue magique, et les avait ensuite exposées aux flammes en prononçant des paroles de la Sainte Écriture dans le but de faire, au moyen de ces maléfices, des prédictions et des sortilèges.

Le bruit de cette profanation n’avait pas tardé à se répandre et avait soulevé l’indignation publique. Monseigneur de Pontbriand s’était empressé de manifester sa profonde douleur en adressant un mandement au clergé et aux fidèles de Montréal les invitant à réparer par des pénitences et des prières publiques l’outrage commis contre l’image de Jésus Crucifié, et ordonnant de faire une procession solennelle depuis l’église paroissiale jusqu’à la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours, où serait fait une amende honorable suivie de la vénération de la croix.

L’évêque s’adressa ensuite à la magistrature pour obtenir le crucifix outragé, afin de l’exposer au culte public dans une des églises de sa ville épiscopale. Il jeta les yeux sur celle des Hospitalières et leur adressa, le 2 mars 1744, le mandement suivant :

« À nos très chères filles en Notre-Seigneur les Religieuses Hospitalières de Québec.

Vous avez pris part, l’année dernière, nos très chères filles, à la vive douleur que nous ressentîmes à l’occasion du scandale arrivé dans la ville de Montréal. Vous avez eu connaissance du mandement que nous avons adressé pour réparer la profanation qu’on avait faite de l’auguste et adorable représentation de Notre-Seigneur en croix. Nous avons demandé aux magistrats le crucifix profané, afin de pouvoir l’exposer d’une manière particulière à la vénération des véritables chrétiens. Ils se sont rendus avec zèle à nos désirs. Nous croyons devoir choisir un endroit particulier pour confier ce précieux dépôt, d’autant plus sacré qu’il a été plus indignement profané. Destinées par votre état à secourir, dans la personne des pauvres, les membres souffrants de Jésus-Christ, occupation sainte à laquelle vous vous livrez avec ferveur, nous pensons que vous vous porterez avec un plus grand zèle à réparer l’injure qu’on a faite à la personne même de Jésus-Christ, en son image. On l’a exposé aux flammes : que vos cœurs enflammés de son divin amour le dédommagent de cette insulte. On a voulu s’en servir pour des superstitions grossières, servez-vous-en comme d’un bouclier pour vous défendre des attaques de l’esprit séducteur. Peut-être même que le ciel propice à vos vœux, opérera des prodiges en faveur de ceux qui adoreront en esprit et en vérité Jésus-Christ représenté sur cette croix.

Nous avons su que dans le temps de la profanation, pénétrées de douleur, vous avez fait une amende honorable et une communion générale. Persuadé que vos dispositions ne sont pas changées, nous vous confions, comme à des épouses fidèles, cette croix adorable et nous vous ordonnons de la placer dans votre église, et de choisir un jour dans la semaine pour en faire l’adoration et y joindre une communion générale.

Sera notre présent mandement lu dans un chapitre extraordinaire, et transcrit sur vos registres et à nous renvoyé par M. l’abbé Briand, chanoine de notre église cathédrale, à qui nous avons confié le crucifix avec le présent mandement. »

(Archives de l’Hôtel-Dieu de Québec)

Avec la permission des supérieures.

 

Note :

Au fil du temps, la communauté des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec a choisi le premier vendredi du mois d’octobre pour la vénération du crucifix outragé.  Jusqu’en 2019, le crucifix était exposé annuellement dans le chœur pour la vénération. Depuis 2020, la vénération a lieu, privément, dans le petit oratoire de la communauté de l’aile Saint-Augustin.

Le crucifix outragé
Lampe de sanctuaire
Lampe du sanctuaire

Lampe de sanctuaire

Boursier, Claude. 17ème siècle, Orfèvre, Paris.

Lampe de sanctuaire en argent. 1668-1669.

Don de Daniel de Rémy de Courcelles, 8ème gouverneur de la Nouvelle-France de 1665- 1672. Les armoiries de la famille de Courcelles sont gravées sur la lampe de sanctuaire.

Apôtres et évangélistes

Ensemble de 13 tableaux représentant les 12 apôtres et un évangéliste (Saint Luc), peints par Louis Dulongpré (1759-1843) et offerts à la communauté des Augustines par la famille de Jacques Dénéchaud (1728-1810) en 1805 pour orner les murs de l'église alors nouvellement reconstruite. Louis Dulongpré s'inspire de la suite de gravures SS. Apostolorum Icones (1646-1650) exécutées par Cornelis Galle l'Ancien (1576-1650) et Pieter Clouwet (1629-1670), elles-mêmes inspirées de compositions de Pierre Paul Rubens (1577-1640). Il est à noter que le tableau représentant l’évangéliste Saint Marc, de la même collection, n’est pas exposé.

D’après : Répertoire du patrimoine culturel du Québec, ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Chacun des apôtres est représenté avec un symbole qui lui est associé. En voici l’explication pour chacun d’eux.

1

Saint Pierre

Clés

On reconnaît Saint Pierre puisqu’il tient une clé en or et une clé en argent. On représente Saint Pierre avec des clés puisque dans l’Évangile selon Mathieu (16, 18-19), Jésus déclare « (…) je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. Je te donnerai les clés du Royaume des cieux. Ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux ». Les clés d’or et d’argent symbolisent, respectivement, le céleste et le terrestre.

Saint-Pierre – Clés

2

Saint André

Croix en X

On identifie ici Saint André grâce à la croix qui se trouve derrière lui. L’apôtre aurait été crucifié sous l’empereur Néron, à Patras, en l’an 60, sur une croix à branche égale en forme de « X ».

Saint-André – Croix en X

3

Saint Barthélemy (Nathanaël)

Couteau

L’apôtre peut être reconnu grâce au couteau qu’il tient dans sa main gauche. L’objet est une référence au martyr de Saint Barthélemy où il a été écorché vif en Arménie.

Saint-Barthélemy (Nathanaël) – Couteau

4

Saint Matthias

Hache

La peinture illustre Saint Matthias qu’on devine grâce à la hache qu’il tient dans ses mains, car il a été exécuté par décapitation. Il est le 13e apôtre, élu pour remplacer Judas.

Saint-Matthias – Hache

5

Saint Simon

Scie

On reconnaît Saint Simon, puisque la peinture montre une longue scie derrière le personnage. Il est représenté avec la scie, car à la suite de sa mort, il aurait été coupé en deux.

Saint-Simon – Scie

6

Saint Matthieu

Hallebarde

Bien que Saint Matthieu soit généralement illustré écrivant les évangiles ou comme un homme ailé, il est ici dépeint avec l’instrument de son martyr, soit une hallebarde (sorte de hache).

Saint-Matthieu – Hallebarde

7

Saint Thomas

Lance

On trouve Saint Thomas tenant une lance afin d’y évoquer son martyr. L’apôtre, en voyage en Inde, refusa de vénérer une idole païenne et, par le fait même, insulta le grand-prêtre de la ville qui le transpercera d’une lance.

Saint-Thomas – Lance

8

Saint Jacques le Mineur

Massue

Saint Jacques le Mineur est identifiable grâce à la massue qu’il a devant lui. On le représente avec une massue, puisque c’est de cette façon qu’il est décédé. Effectivement, il aurait été précipité dans le vide du haut du temple de Jérusalem. Il survécu à la chute donc un individu l’assomma à l’aide d’une perche de foulon. La tradition iconographique changea la perche pour une massue.

Saint-Jacques le Mineur – Massue

9

Saint Jacques le Majeur

Bourdon de pèlerin

Il est possible d’identifier Saint Jacques le Majeur puisqu’il a un bourdon de pèlerin à la main. L’apôtre est représenté avec les attributs de pèlerins pour faire référence au pèlerinage de Compostelle, existant en son honneur.

Saint-Jacques le Majeur – Pèlerin

10

Saint Jude

Équerre

L’apôtre est ici illustré avec une équerre. Il y a peu d’informations sur l’origine de cette iconographie outre que l’équerre de Saint Jude représente le fait qu’il est architecte de la maison de Dieu.

Saint-Jude – Équerre

11

Saint Philippe

Croix

On identifie Saint Philippe à cause de la croix qu’il porte, c’est là l’instrument de son martyr.

Saint-Philippe – Croix

12

Saint Jean

Calice

Il est possible de reconnaître Saint Jean puisqu’il est le plus jeune apôtre-évangéliste et il tient un calice dans sa main. On le représente avec un calice pour faire référence à sa mise à l’épreuve par le grand prêtre du temple de Diane. Le prêtre lui dit ; « Si tu veux que je croie en ton Dieu, je te donnerai du poison à boire et s’il ne te fait aucun mal, c’est que ton Dieu sera la vrai Dieu ». Jean a béni le calice avant de boire le poison et survécu à l’épreuve.

Saint-Jean l’Évangéliste – Calice

13

Saint Luc, évangéliste

Taureau

Saint Luc peut être reconnu grâce au taureau qui se trouve à ses pieds. On utilise le taureau comme symbole de cet apôtre puisque le taureau est associé au sacrifice et que l’évangile de Luc commence par la mention de Zacharie, le père de Jean-Baptiste, prêtre sacrificateur du temple de Jérusalem.

Saint-Luc – Bœuf (Évangéliste)
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À la découverte de l’église du Monastère des Augustines-de-l’Hôtel-Dieu-de-Québec : lieu d’histoire d’art et de prière.

Visite autonome de l’église historique

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Visite virtuelle

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