14 septembre, fête de la Croix Glorieuse et 3 mai, fête de l’Invention de la Sainte Croix : Origines et différences entre les 2 fêtes.

14 septembre, fête de la Croix Glorieuse et 3 mai, fête de l’Invention de la Sainte Croix :  Origines et différences entre les 2 fêtes.

14 septembre, fête de la Croix Glorieuse et 3 mai, fête de l’Invention de la Sainte Croix : Origines et différences entre les 2 fêtes.

Catherine de Saint-Augustin est née un 3 mai, jour qui fut longtemps et jusqu’en 1960 celui de la fête de l’Invention de la Sainte Croix. La fête a été supprimée dans le calendrier liturgique au profit de celle de la Croix Glorieuse le 14 septembre. Mais quelle est la différence entre ces 2 fêtes pourtant très reliées l’une et l’autre?

Pour le comprendre, il faut faire un peu d’histoire…

 

Invention de la Sainte Croix

« L’empereur Constantin, vainqueur par la Croix, lui rendait tous les honneurs dus à ce signe sacré du salut des hommes. Sa mère, sainte Hélène, ne le cédait en rien à la piété de son fils. Inspirée par un mouvement d’en Haut, elle résolut, malgré son grand âge de près de quatre-vingts ans, de visiter les Lieux Saints et de chercher le bois salutaire sur lequel le Sauveur avait répandu Son sang.

L’entreprise ne manquait pas de difficultés ; les païens avaient visé à transformer les lieux à jamais vénérables, témoins de la mort de Jésus-Christ, en y établissant le culte de Vénus et de Jupiter.

Hélène ne se laissa point décourager ; elle enleva les traces détestables du paganisme et fit faire des fouilles au pied du Calvaire avec tant de soin et d’ardeur, que bientôt on découvrait trois croix, avec les clous qui avaient percé les mains et les pieds du Rédempteur et le titre que Pilate avait fait placer au-dessus de Sa tête.

Mais comment reconnaître laquelle de ces trois croix était celle du Sauveur ? L’évêque de Jérusalem eut l’heureuse pensée de les faire transporter chez une dame qui était sur le point de mourir ; l’approche des deux premières croix ne produisit aucun résultat, mais dès que la malade eut touché la troisième, elle se trouva guérie. Un autre miracle plus éclatant encore vint confirmer le premier, car un mort qu’on portait en terre ressuscita soudain au contact du bois sacré.

L’impératrice, au comble de la joie, fit bâtir sur le lieu même une magnifique église où fut déposée la plus grande partie de cette Croix ; elle envoya l’autre partie à Constantinople, où Constantin la reçut en triomphe.

Plus tard, le roi des Perses, après avoir pillé Jérusalem, emporta la Croix vénérée ; mais elle fut bientôt reconquise par l’empereur Héraclius. La Croix retrouvée donna lieu à la fête de l’Invention de la Sainte Croix, qui se célèbre le 3 mai ; la Croix reconquise donna lieu à la fête de l’Exaltation de la vraie Croix, qui se célèbre le 14 septembre.

Dès ces époques reculées, la dévotion à la vraie Croix se répandit, avec les précieuses parcelles de l’instrument de notre salut, dans tout l’univers. On suppose même qu’une telle diffusion n’a pu se produire sans une multiplication merveilleuse. C’est ainsi que cet instrument de supplice, autrefois infâme, est devenu un signe de gloire et de triomphe.

Que de fois, depuis l’apparition de la Croix à Constantin, le gage sacré de la Rédemption n’est-il pas miraculeusement apparu à la terre ! La Croix éclate partout à nos yeux, au sommet de nos édifices chrétiens, sur nos voies publiques, sur nos autels, dans nos maisons, sur nos poitrines. La Croix est la reine du monde.

Fête supprimée en 1960, comme doublet de la fête du 14 septembre alors que les deux fêtes commémoraient deux évènements distincts : la découverte des reliques de la Sainte Croix par Sainte Hélène et la récupération de ces reliques pillées par les Perses. »

(Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950)

 

La croix dans la vie de Catherine de Saint-Augustin

Le 3 mai n’est donc plus fêté solennellement de nos jours comme il en est pour le 14 septembre, mais à l’époque où vivait Catherine, la fête de l’Invention de la Sainte Croix était soulignée de façon toute aussi importante que l’est celle de la Croix Glorieuse aujourd’hui.

Sa naissance fut donc en quelque sorte sous le signe de la Croix, qui fut le sceau de toute sa destinée d’âme victime pétrie d’amour pour Dieu et les âmes. Dieu se choisit parfois des « âmes co-rédemptrices », généreuses et prêtes à tout donner par amour, afin de compenser les effets du mal et permettre de ramener les âmes vers l’Amour qui les a tant aimées. Telle était la voie de Catherine, la volonté de Dieu sur elle, ce qu’Il attendait d’elle et à quoi elle a su rester fidèle jusqu’au bout, par le moyen de l’union de sa volonté propre à celle du Maître.

Le détachement de sa propre volonté est probablement le plus dur détachement dans l’expérience humaine et spirituelle. Toutefois, plus est fort le désir secret de l’âme d’avancer sur cette voie d’union à Dieu, plus Dieu lui en fournit les moyens. Et ces moyens les plus directs et les plus efficaces sont plus souvent qu’autrement les croix bien acceptées. Car la souffrance, lorsqu’elle est acceptée et utilisée pour monter vers Dieu est comme un tremplin qui propulse l’âme vers des hauteurs où elle découvre de nouveaux horizons insoupçonnés. Elle goûte également une liberté et une agilité de l’âme plus grande à mesure qu’elle se défait de son « moi », de son égo qui la tient rivé à la terre.

Toute la vie de Catherine sera jalonnée de croix de plus en plus fortes à mesure que l’Amour et l’Offrande grandira en elle. Car Dieu nous laisse toujours libre; c’est un effet de son amour. Il ne force rien; il demande la permission pour nous faire avancer plus près de lui, et il attend notre réponse de générosité et d’amour. Tel l’image d’un aimant, l’amour attire l’amour.

 

En conclusion, cette croix qu’elle accepta de porter avec le Rédempteur toute sa vie deviendra glorieuse au jour du témoignage; elle sera sa couronne de gloire à son entrée au Ciel, alors que les anges chanteront des Alléluia pour « la réception de cette nouvelle épouse », tel que le décrivit la Mère Supérieure, Mère Marie de Saint Bonaventure, d’une vision qui lui fut donnée le 12 novembre 1668, quelques mois après la mort de Catherine.[1]

 

Image : Gravure d'époque présentée au début du livre du P. Ragueneau. 

 

[1] PAUL RAGUENEAU, La vie de la Mère Catherine de Saint-Augustin, 1671, p.224


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