24 août 1659 : Catherine reçoit la confirmation par Monseigneur François de Laval

24 août 1659 : Catherine reçoit la confirmation par Monseigneur François de Laval

24 août 1659 : Catherine reçoit la confirmation par Monseigneur François de Laval

C’est le 24 août 1659, en la fête de saint Barthelemy, que Catherine recevra enfin le sacrement de confirmation, conféré par l’évêque François de Laval. Oui enfin, car elle a 27 ans à ce moment-là. Pourquoi n’a-telle pas pu recevoir ce sacrement plus tôt ? C’est un simple concours de circonstances…Lorsque l’évêque passa dans son village natal de Saint-Sauveur-le-Vicomte, elle n’a que 4 ans et est donc considérée trop jeune. Puis, elle part pour le Canada à 16 ans alors qu’elle n’a toujours pas pu le recevoir. Toutefois, une fois au Canada, il n’y a pas encore d’évêque sur place. Monseigneur de Laval arrivera seulement une dizaine d’années après l’arrivée de Catherine.

L’auteur de sa biographie, le Père Paul Ragueneau, écrit à ce propos : « Par-là il semble que Dieu attendait qu'elle fût en un état & plus saint & plus âgé, afin qu'il eût lieu de lui faire les grâces qu'il lui a faites, lorsqu'elle reçut ce Sacrement en la nouvelle France à Québec en 1659. »

Ces grâces particulières, elle les reçut 10 jours avant sa confirmation par l’évêque, le 14 août, veille de l’Assomption. Le Ciel devança alors la Terre, et elle reçut une onction sacrée des mains de Jésus-Christ, la disposant aux nouvelles souffrances qui l’attendaient.

Par obéissance toujours à son directeur spirituel, elle écrivit comment tout se déroula.

« La veille de l'Assomption 1659. Étant au Chœur pour entendre la sainte Messe & y Communier, & m'étant depuis huit jours disposée à recevoir le Sacrement de Confirmation: Après la Communion, j'en ressentis les effets par la force qui me fut communiquée, pour désormais résister aux tentations, & acquiescer en tout avec amour aux volontés de Dieu sur moi. Je sentais Nôtre Seigneur si intimement présent, qu'il m'était impossible de douter qu'il n'y fût d'une manière extraordinaire. La chose se passa à peu près de la sorte, quoi qu'il me soit impossible de l'expliquer comme je l'ai connu & ressenti. M'offrant à Nôtre Seigneur, & le suppliant de me donner les véritables dispositions pour le Sacrement de Confirmation, attribuant à mon peu de disposition & à mon indignité, le retardement de Monseigneur nôtre Évêque, qui nous avait promis de venir chez nous ce jour-là pour y donner la Confirmation; tout d'un coup il me sembla que Nôtre Seigneur, sa sainte Mère, saint Joseph, saint Pierre, saint Jean l'Évangéliste, sainte Catherine, & plusieurs autres Saints & Saintes dont je ne savais pas les noms, étaient proches de moi; & que la sainte Vierge & saint Joseph me présentèrent à Nôtre Seigneur, pour recevoir une Onction sacrée de sa main. Ce qu'il accepta avec beaucoup de bonté; & saint Pierre recevant de saint Jean un baume d'une odeur excellente, bien qu'extrêmement forte, sur une espèce de patente qui avait quelque chose du vermeil doré, mais un peu plus rouge; il le présenta à Nôtre Seigneur, lequel de sa sacrée main m'en oignît le font; & saint Paul avec une petite boule de coton me l'essuya, en disant « La grâce de JESUS-CHRIST aura son effet en toi: » & la sainte Vierge et saint Joseph dirent « & nôtre protection ne lui manquera jamais. » Et derechef me présentant à Nôtre Seigneur, ils lui dirent : « Celle-ci qui est votre Épouse, étant ainsi ointe par vous de vôtre grâce, ne l'agréez-vous pas? » Au même moment cet aimable Sauveur sembla incliner la tête; & me fit baiser sa main droite, par l'endroit de la sacrée plaie qui y paraissait. Après quoi diverses choses se passèrent qu'il m'est impossible de dire n'y d'exprimer. Je restai longtemps dans ces sentiments, qui ne pouvaient, ce me semble, être produits que de Dieu seul, & opérés par sa seule grâce. »[1]

Le P. Paul Ragueneau enchaîne avec l’exemple d’autres saints et saintes ayant reçu de semblables faveurs.

 

 

[1]Ragueneau, Vie de la Mère Catherine de Saint-Augustin, p.102


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