Le Saint-Sacrement dans la vie de la Bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin

Le Saint-Sacrement dans la vie de la Bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin

Le Saint-Sacrement dans la vie de la Bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin

Nous fêtons ce dimanche 23 juin 2019, la fête du Très-Saint-Sacrement, appelé aussi la Fête-Dieu dans le langage populaire. Les plus âgés se souviennent des processions solennelles qui avaient lieu à cette date jusque dans les dernières décennies du 20e siècle, où on défilait dans les rues avec le Saint-Sacrement afin de rendre un hommage public et solennel au Christ dans l’eucharistie. Cette fête est donc proprement une fête eucharistique.

Nous ne pouvons manquer, à cette occasion, de rappeler combien, dans la vie de Marie-Catherine de Saint-Augustin, le Saint-Sacrement et l’Eucharistie ont une place importante.

Il convient aussi de souligner que cette fête est la fête titulaire pour la communauté des Augustines de la Miséricorde de Jésus à travers le monde. L’origine de la fête du Saint-Sacrement remonte au Moyen-Âge, de la vie de Sainte Julienne du Mont-Cornillon (1192-1258), religieuse augustine belge qui fût favorisée d’une vision à travers laquelle Dieu lui fît comprendre qu’il manquait une fête dans le cycle des fêtes liturgiques; celle du Corpus Christi. Son confesseur, qui devint le Pape Urbain Ⅳ, institua alors cette fête à sa demande le 8 septembre 1264.

Les constitutions de la congrégation de 1666 et de 1923 soulignent d’ailleurs que la fête du Saint-Sacrement « est comme le raccourci des Miséricordes de Jésus ». Les chanoinesses régulières hospitalières de la Miséricorde de Jésus de l’Ordre de Saint-Augustin (nom complet) annonçaient aussi chaque année cette fête comme étant celle de la Miséricorde de Jésus. C’est ainsi qu’elle devint fête titulaire de la congrégation puisque c’est le même Seigneur que l’on adore dans les espèces du Pain et que l’on sert en la personne des pauvres et des malades.

 

Marie-Catherine de Saint-Augustin et son amour de Jésus-Hostie

Au Saint-Sacrement

La période au cours de laquelle vécut Marie-Catherine de Saint-Augustin voit naître la création de l’adoration perpétuelle, qui appelle les âmes à faire amende honorable pour réparer les offenses commises à l’endroit du Saint-Sacrement et du mystère eucharistique. De façon analogue, Marie-Catherine de Saint-Augustin, s’étant offerte comme victime pour le salut des âmes (de la Nouvelle-France tout particulièrement), accomplit un acte de « réparation » par l’offrande perpétuelle d’elle-même.

Il importe évidemment de mentionner d’abord qu’une grande part de ses expériences spirituelles ou grâces mystiques se produisent alors qu’elle est devant le Saint-Sacrement ainsi que durant la messe ou après la sainte communion. Elle le spécifie à maintes reprises, dans la relation écrite de ces grâces.

Sa prière fréquente au Saint-Sacrement est pour elle comme une respiration de son âme, une consolation spirituelle et un soutien aux heures plus sombres où l’offrande de sa vie pour le salut des âmes devient de plus en plus méritoire.

Un fait montrant tout le désir qu’elle avait et toute la consolation qu’elle retirait à tenir compagnie à Jésus-Hostie vaut la peine d’être raconté.

Alors que la menace des iroquois se faisait de plus en plus alarmante, il est convenu que les religieuses quittent leur monastère la nuit pour se réfugier en un endroit plus sûr. Dans ces cas, 2 ou 3 religieuses restaient au couvent afin de garder l’intérieur de la maison et de tenir compagnie au Saint-Sacrement. Presque toujours, ce fût elle qui demeura la gardienne de la maison et sa présence rassurait les sœurs et les quelques domestiques qui y restaient aussi. « Le plus puissant motif qu’elle avait, était de pouvoir en ces occasions passer en prières devant le Saint-Sacrement une plus grande partie de la nuit; et consommant les saintes espèces qui était dans le saint Ciboire, en cas d’une irruption des Iroquois, ou de mourir sur le lieu martyre portant Jésus-Christ dans son cœur (…). » (Paul Ragueneau, Vie de la Mère Catherine de Saint-Augustin, p.49)

Dans l’eucharistie

Si le Saint-Sacrement occupe une place importante dans la vie de Marie-Catherine de Saint-Augustin, la communion sacramentelle en occupe une toute aussi importante. En plus de ses communions fréquentes permises par les Constitutions et celles accordées par son confesseur, il lui arrive souvent de vivre des « communions spirituelles et mystiques » où le Seigneur, la Sainte Vierge, son ange gardien ou quelques saints lui offrent eux-mêmes la communion. Grâces particulières qui fortifient son âme dans les luttes que lui livrent les forces du mal, qui lui en veulent assurément d’être victime offerte pour le bien des âmes de la Nouvelle-France, qui allait devenir terre féconde de sainteté.

Notons aussi qu’elle fît sa première communion à l’âge de 8 ans, ce qui est un très jeune âge pour la tradition de l’époque. Elle la fît aussi le jour de la fête de tous les saints, préfiguration de sa vie qui allait être une intense communion avec les saints du ciel. C’est également à ce moment que s’imprima en elle le désir de la sainteté. Elle en raconte ceci : « Lorsque je fis ma première communion, j’eus une si forte conviction que Dieu me voulait sainte et qu’assurément je le serais que je ne pouvais pas ôter cela de ma pensée, quoi que je fisse. Car d’un côté je voulais bien être sainte, mais d’ailleurs j’avais de la peine à me résoudre de faire ce qui me devait sanctifier. » (Paul Ragueneau, Vie de la Mère Catherine de Saint-Augustin, p.26)

 

 

En conclusion, toute la vie de la Bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin a été une vie eucharistique, tant par sa dévotion envers le Saint-Sacrement que celle envers la communion fréquente. Mais surtout, c’est une vie d’offrande d’elle-même pour le salut des âmes. À sa suite et dans son sillage, les Augustines ressentent encore aujourd’hui cet appel à se dévouer pour le bien des corps et des âmes, voyant en toute personne qui souffre, le Christ qui a livré son corps et versé son sang. Ce corps livré et ce sang versé est donc honoré dans les espèces du pain et du vin consacrés, par la fête titulaire des Augustines qu’est cette belle fête du Saint-Sacrement.

 

G.B. 
Source photo: Photographie de la procession de la Fête-Dieu de 1942 dans l'enclos du Monastère de l'Hôtel-Dieu Saint-Vallier de Chicoutimi.
HG-A-26.12.4.6.42
Fonds Monastère des Augustines de l'Hôpital Général de Québec
© Archives du Monastère des Augustines
 


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