Départ de La Rochelle le 31 mai 1648

Départ de La Rochelle le 31 mai 1648

Départ de La Rochelle le 31 mai 1648

31 mai 1648. Les vents sont enfin favorables et le bateau le Grand Cardinal peut lever l’ancre. Sans pouvoir déterminer le nombre exact de passagers au départ de La Rochelle, nous savons toutefois que le nombre se sera réduit à l’arrivée à Québec, car la traversée sera périlleuse et quelques-uns, dont le capitaine Pierre Le Gardeur, Sieur de Repentigny, y laisseront leur vie.

La jeune Catherine fait partie des passagers. Elle est accompagnée par les mères Anne de l’Assomption et Jeanne de sainte Agnès.

L’embarquement fût le 27 mai, mais ce n’est que 4 jours plus tard, le 31 mai, jour de la Pentecôte cette année-là, que le bateau fait voile vers la Nouvelle-France. L’Esprit Saint souffle, pourrions-nous penser, et ils ont le « vent dans les voiles » pour partir vers les peuples du Nouveau Monde. Cette date du 31 mai est aujourd’hui la fête de la Visitation de Marie à sa cousine Élisabeth. Catherine, pour sa part, partait visiter (et même plutôt adopter) ce nouveau pays que l’on nomme encore aujourd’hui « cousin de la France ».

Pour Catherine, bien qu’elle ait un ardent désir d’accomplir la volonté de Dieu qui l’appelait à sa vocation en Canada, la séparation d’avec tout ce qu’elle avait au monde de plus cher ne se fît pas sans sentiment et sans douleur. Le jour où elle quitta sa communauté du Monastère de Bayeux, « elle se ressouvint du commandement que Dieu fit autrefois à Abraham lorsqu’il lui dit : Sors hors de ton pays, de ta parenté, et de la maison de ton père, et va à une terre que je te montrerai, et je te bénirai. »[1]

Son biographe, le Père Paul Ragueneau, dans La vie de la Mère Catherine de Saint-Augustin, écrit à propos de ce moment : « (…) elle était aimée de tous ceux qu’elle connaissait et qu’elle allait quitter; et elle savait bien qu’elle allait dans un pays barbare, et parmi des Sauvages infidèles et cruels, où il n’y avait rien d’aimable, sinon à un cœur qui ne veut aimer que Dieu seul. La tendresse de sa mère qui était venue lui dire adieu, et pour qui cette chère fille avait tout l’amour possible, ne servirent qu’à faire paraître la force de sa vocation pour le Canada, et ce que peut l’amour de Dieu sur un cœur qui déjà est tout à lui. Mais la Communauté des Religieuses de Bayeux où elle avait deux sœurs, sa grand’mère, et une tante sœur de sa grand’mère, et une cousine germaine Fondatrice de cette Maison, et où toutes les autres Religieuses la portaient dans leur cœur, et pour lesquelles elle avait des tendresses inimaginables; toute cette chère Communauté lui causa au point de sa séparation une douleur plus sensible qu’elle ne le pouvait exprimer (…) »

Quel exemple d’abandon et de don total! Nous devons tous vivre de don de nous-même et d’abandon, c’est-à-dire de lâcher-prise sur nos propres volontés quand les événements nous mènent ailleurs.

Bienheureuse Catherine de Saint-Augustin, aidez-nous à suivre ce même chemin, à notre petite, mais pleine mesure, selon toutes nos possibilités.

 

G.B.

 

[1] La vie de Mère Catherine de Saint-Augustin, p.38, P. Paul Ragueneau, s.j.


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