Vision de Catherine la veille de Noël 1662

Vision de Catherine la veille de Noël 1662

Vision de Catherine la veille de Noël 1662

À l’approche de la fête de Noël, où l’Amour s’est fait Homme pour que l’Homme deviennent Amour, suivons Catherine dans les grâces qui lui furent données sur la grandeur de cette fête, la veille de Noël 1662.

 

Voici un extrait de La Vie de Mère Catherine de Saint-Augustin (Père Paul Ragueneau, p.84-85), où Catherine voit en esprit la joie du Ciel pour la naissance du Sauveur et où la sainte Vierge lui met entre les bras l’enfant Jésus nouveau-né.

 

« Depuis les onze heures de la veille de Noël, jusqu'à la derniere des Fêtes, je n'ay eu aucun moment, sans étre dans un clame & une paix profonde en toutes façons. J'eus une peine assez considerable l'auant-veille, & la veille de Noël à l'Office divin, & à mes petites pratiques de devotion: il me semble neanmoins que je me surmontay, & que je n'oubliay rien de ce que je devois faire, ayant un certain desir de témoigner à Nôtre Seigneur par ce peu de fidelité, une petite disposition à la Fête de sa saint Nativité. Lorsque nous fûmes arrivées aux Leçons du second Nocturne, j'eus l'intelligence parfaite de toutes les paroles, & vis en esprit la joye du Ciel, pour la naissance du Sauveur. chaque Ordre faisoit ses remerciements aux adorables personnes de l'auguste Trinité. Au Pere d'avoir donné son Fils: au Fils de s'étre donné avec tant d'amour: au saint Esprit d'avoir operé cét Ouvrage d'amour: Puis s'adressant à la tres-sainte Humanité, ils luy rendoient mille actions de graces de s'étre ainsi donné; benissaoit la Mere d'avoir enfanté cét Homme-Dieu; & tous sembloient luy donner à l'envi des loüanges. Elle recevoit des honneurs & des adorations inconcevables en qualité de Mere de Dieu. Apres elle saint Joseph participoit le plus à la Fête, & le saint Ange Gabriel. Je priay cette sainte troupe de me donner une petite part de leur joye, & que pour un petit de temps je possedasse le divin envant nouveau-né. On me le promit, ce qui me donna plus d'hardiesse, & me fit demander que ce fût donc entre les bras de sa sainte Mere. On sembla s'accorder à mon desir. Je restay depuis ce temps-là dans un grand desir de voir ce divin enfant, & je ne cessois de l'inviter, & sa tres-sainte Mere, à venir promptement. Lorsque l'on entonna le Te Deum, je ressentis mes desirs se redoubler extraordinairement; & l'Oraison étant finie, je restay au Choeur attendant que la Messe commençât. Ce fut pour lors que mes souhaits furent accomplis, & la tres-sainte Vierge me parut visiblement, portant entre ses bras ce divin enfant nouveau né. Mon coeur étoit si penentré de consolation, que je n'estimois pas que le Ciel eût rien plus à desirer. Apres avoir profondement adoré ce divin Enfant, je m'écriay Quis mihi det te fratrem meum jugentem ubera Matris meoe,* & c. La sainte Vierge me permit de luy baiser les bras & les mains; & voyant que je n'osois par respect m'approcher qu'avec crainte, elle le mit entre mes bras, & me recommanda de le baiser; & en me le donnant, elle m'invita de luy faire quelque demande. Je m'en excusay, la suppliant elle-méme de la faire pour moy. Elle m'obligea de le faire moy-méme; je ne me sentis portée qu'à luy dire, Fiat voluntas tua in me**: Je le repetay plusieurs fois. Cela dura environ demy quart d'heure; apres je ne vis plus rien, mais je restay beaucoup fortifiée à m'abandonner à ce que voudroit Dieu. Et pendant les trois Fêtes, j'ay été dans un calme entier. (…)»  (Texte en ancien français, non traduit)

*Ah que ne m’es-tu un frère, allaité au sein de ma mère ! Ct 8,1

**Que ta volonté soit faite en moi.

 


Voir toutes les nouvelles