27 septembre : commémoration de Saint Vincent de Paul

27 septembre : commémoration de Saint Vincent de Paul

27 septembre : commémoration de Saint Vincent de Paul

Saint Vincent de Paul a été, d’une certaine manière, relié à l’œuvre des Hospitalières en Nouvelle-France par la Duchesse d’Aiguillon qui en fut la bienfaitrice et de qui il était le directeur spirituel.

Voici ce qui est relaté dans Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec, H.R. Casgrain, p. 200-202.

« On a vu, au deuxième chapitre de cette Histoire, quel admirable directeur Dieu avait envoyé au-devant de la duchesse d’Aiguillon en récompense de l’offrande généreuse qu’elle avait faite d’elle-même, de son influence et de sa fortune, au profit de sa gloire et du salut des âmes. Depuis cette rencontre jusqu’à la mort de la duchesse, saint Vincent de Paul fut non seulement son guide spirituel dans les voies de la perfection, mais le conseiller et le dispensateur de ses bonnes œuvres. À la première ouverture qu’elle lui avait faite, quinze ans auparavant, de fonder un Hôtel-Dieu à Québec, il y avait reconnu l’inspiration du ciel et en avait pressé vivement l’exécution. À partir de ce jour, il avait suivi avec sollicitude le développement de cette institution dont il était le coopérateur. Pénétré de respect et d’admiration pour l’héroïsme des fondatrices qui se dévouaient au-delà des mers à l’œuvre la plus chère à son cœur d’apôtre, il leur recommandait ses intentions, le succès de ses entreprises et leur envoyait souvent la bénédiction de ses prières et de ses ardentes exhortations.

Une de ses lettres adressée à la mère Vironceau de Saint-Joseph, a été conservée jusqu’à ce jour à l’Hôtel-Dieu comme une précieuse relique et est le plus beau témoignage qu’aient reçu ici-bas les Hospitalières de Québec. Saint Vincent de Paul s’y peint tout entier avec son âme de séraphin, toute brûlante de ce zèle et de cette charité qui embrassaient l’univers entier. » 

Voici l’image numérisée de cette lettre (ici) toujours conservée aux archives du Monastère des Augustines, accompagnée ci-bas de sa transcription. [Transcription libre pour rendre le texte compréhensible.]

 

[p. 1]
De Paris ce 25e Avril 1652
La grâce de Notre Seigneur soit avec vous pour jamais. Il est vray que ceux qui m’ont fait l’honneur de vous rapporter l’estime que je fais des Missions du Canada ont eu sujet de le faire; car en effet Je regarde cet œuvre comme l’une des plus grands qui se soient fait depuis quinze cents ans, et ces saintes Ames qui ont le bonheur d’y travailler comme des Ames vrayment apostoliques qui méritent l’approbation et le secours de toute l’Église, particulièrement vous et votre communauté qui contribuez à l’assistance spirituelle et corporelle des pauvres et des malades qui est le comble de la charité chrétienne, & en quoy je tiendray à singulière bénédiction de vous aider s’il plait au bon Dieu de m’en faire la grâce quelque jour; Quant à présent, Ma chère Mère, cela m’est du tout impossible, à cause des misères de ce pays icy, provenant des guerres passées et des divisions présentes de ce Royaume, qui réduisent les provinces dans une entière désolation, A quoy plusieurs personnes charitables de paris tâchent d’apporter quelque remède contribuant de leurs soins et de leurs aumônes pour empêcher que le monde périsse de pauvreté; mais ces aumônes ne pouvant suffire, Il servirait de leur parler des besoins du Canada, Je ne doute pas, Ma chère Mère, que ceux de vôtre hôpital ne soient grands après les pertes que les iroquois vous ont fait souffrir de dela, & la diminution notable du revenu que vous avez, cy sur les Coches, dont je suis bon témoin, pour ce que
La Mère de l’Hôtel-Dieu de Kebec
 
[p. 2]
plusieurs de nos maisons y aiant leur petite subsistance, ont peine d’en tirer la moitié de ce qu’elles en tiraient ci devant. Je prie Notre Seigneur. Ma Rde Mère qu’il suscite quelques bonnes personnes qui vous donnent moyen de lui continuer vos services en ses pauvres membres, Et c’est ce que j’ose espérer de sa paternelle providence qui est adorable partout. J’ay une particulière confiance en vos prières, bien que je sois indigne d’y participer, Je vous les demande néanmoins avec toute l’humilité que je le puis, et avec désir qu’il plaise à Dieu me faire la grâce de vous servir qui suis en son amour,
Ma Rde Mere
 

 


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