10 août 1658 : inauguration du nouvel Hôtel-Dieu

10 août 1658 : inauguration du nouvel Hôtel-Dieu

10 août 1658 : inauguration du nouvel Hôtel-Dieu

En 1654, alors que Marie-Catherine de Saint-Augustin a tout juste 22 ans, elle est choisie et élue par la communauté à titre de dépositaire, c’est-à-dire économe générale de sa communauté. C’est elle qui désormais aura la responsabilité de gérer les biens de la communauté, les dons provenant de bienfaiteurs et bienfaitrices et les dépenses à encourir.

La même année, on décide de faire agrandir l’hôpital qui ne suffit plus aux besoins sans cesse grandissants de la population qui continue de se développer.

L’Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec (Casgrain) raconte à ce propos : « L’hôpital et la chapelle intérieure qui servait d’église conventuelle depuis 1646 avaient été bâtis sur de trop petites proportions pour suffire pendant longtemps aux exigences de l’hospitalité. Aussi, dès l’année 1654, il avait fallu commencer la construction d’un nouveau corps-de-logis plus vaste, et d’une église (…) ». (p.211)

En tant que dépositaire durant cette période, Marie-Catherine veillera à superviser les travaux de reconstruction de façon à corriger les défauts de l’ancien bâtiment en rendant le nouveau plus pratique, plus sécuritaire et plus confortable. Alors qu’elle vit d’intenses épreuves intérieures durant cette période de sa vie mystique, elle remplit ses responsabilités en restant attentive aux moindres détails, partageant ses tâches entre le soin des malades et la gestion des biens de sa communauté et de l’hôpital.

« Sa nomination à ce poste important et difficile confirme l’assertion du P. Ragueneau qu’elle n’était pas femme à l’esprit rêveur ni le jouet de son imagination, mais qu’elle était douée, au contraire, de qualités solides. Cette charge exige, en effet, beaucoup de qualités d’ordre pratique qu’on serait en peine de trouver chez une personne qui se conduit non par la raison mais par les impressions d’une sensibilité maladive. La Mère de Saint-Augustin remplit cet emploi pendant 9 ans : cela dit assez bien avec quelle satisfaction pour sa communauté. » (Vie de Marie-Catherine de Saint-Augustin, Une fleur mystique en la Nouvelle-France, Hudon, p.79)

Ainsi fût agrandit l’hôpital, sous la tutelle d’une femme à l’esprit pratique aiguisé. Les travaux ont pu être menés à terme grâce aux générosités renouvelés de la duchesse d’Aiguillon, qui s’intéressait vivement à cette œuvre de Québec et qui, en même temps, en intéressait de nombreux amis de son entourage, dont certains hauts personnages de la cour de France.

Les Annales de l’Hôtel-Dieu de Québec rapportent au sujet du nouvel hôpital : « Il nous paraissait si beau en ce temps-là et à tous ceux qui venaient le voir, que, quoique nous en eussions vu en France de bien bâtis et forts commodes, nous étions charmées du nôtre. Il ne consistait cependant qu’en une salle qui est aujourd’hui pour les femmes; mais comme nous sortions d’un petit taudis, qui ressemblait plutôt à une cabane qu’à un hôpital, nous nous trouvions comme dans un Louvre. Nous plaçâmes les lits des deux côtés à la manière de France, et nous y exerçâmes notre vocation avec beaucoup de joie. » 

Le 10 août 1658 eu lieu l’inauguration du nouvel hôpital ainsi que la bénédiction solennelle de la nouvelle église sous le titre du Précieux-Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de Notre-Dame de Pitié. La première messe y fût célébrée le 15 août, en la belle fête de l’Assomption de Marie.

 

G.B.

 

Photo : archives du Centre Catherine de Saint-Augustin


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